18 mai 2018

SEANCE DU CLUB LECTURE DU 18 MAI

 

1. INFORMATION : une rencontre avec l’helléniste Pierre Judet de La Combe est prévue dans la salle Liverneuf le lundi 1er octobre de 10h à 12h.Il nous parlera de l’Iliade et l’Odyssée. Si vous désirez  connaître un peu son travail, il a publié un petit livre « être Achille ou Ulysse ? », éditéchez Bayard, dans la collection « Petites conférences »facile à lire car c’est destiné aux 10 /15 ans mais néanmoins très intéressant.

 

2. François MOREL : « C’est aujourd’hui que je vous aime » : description savoureuse des affres des préadolescents qui se cherchent sur le plan sentimental et sexuel. Adolescents en pleine mutation, description de leurs souffrances intérieures et de leurs fantasmes. Cequ’écrit Morel est universel, le fait qu’il ait remplacé le « je »du narrateur par « les hommes »le suggére.C’est un roman sans prétention, écrit avec beaucoup de malice, de tendresse et d’humour.

Rappelle le film « les beaux gosses ».

Mais certains n’ont pas aimé, c’est une bluette, pas de quoi en faire un roman, ils ont été agacés.

 

 

3. Anne BRONTË : « La dame du manoir de WhitefellHall » :c’est un peu long mais facile à lire. Il y a deux romans à l’intérieur de l’ouvrage : celui écrit par un homme qui évoque son amour pour la dame du manoir et le journal intime de cette dame dans lequel elle retrace son passé. On peut remarquer qu’Anne Brontë sait se mettre à la place d’une femme mais que la partie dans laquelle elle se glisse à la place de l’homme est plus maladroite.

L’auteure décrit les femmes coincées par la société victorienne mais l’héroïne essaie d’être indépendante (elle part), elle a un caractère bien trempé et elle sait s’opposer.

Lecture d’un extrait p.42 sur l’éducation des filles et des garçons. Très novatrice, elle défie la morale prévalant à l’époque.

Contraste entre la modernité de la contestation et la chape de la religion qui pèse sur l’héroïne.

Aspect romantique du roman : description d’êtres tourmentés, oisifs, qui se posent des questions métaphysiques. Thème du débauché, du libertin (L’auteure s’est inspirée du comportement de son frère).

Ce qui est intéressant également, c’est la rigueur, l’exigence de l’héroïne par rapport à elle-même et aux autres. Elle espère, malgré ses déboires, son malheur, toujours « sauver » son mari débauché jusqu’à la fin.

 

 

4. LA BOETIE : « Discours de la servitude volontaire » : Evocation de la mainmise du tyran sur l’Etat, le peuple. C’est une servitude consentie : comment se fait-il qu’un homme puisse avoir un tel ascendant sur tout un peuple ? Comment sortir de la servitude lorsque le régime du tyran est fondé sur la terreur ?

La Boétie amène le lecteur à se poser beaucoup de questions, il a été un précurseur intellectuel de l’anarchisme et de la désobéissance civile.

On retrouve des pans entiers du discours de La Boétiedans la doctrine de Tolstoï lorsqu’il devient pacifiste dans les 30 dernières années de sa vie (refus non violent du pouvoir)

Cf deux ouvrages de Tolstoï : « le refus d’obéissance » et «  la portée de la révolution russe ».

Débat très enrichissant sur la démocratie, la liberté…